Agrile du frêne - Agrilus planipennis (Fairmaire)


Introduction

L'agrile du frêne, Agrilus planipennis Fairmaire, est une espèce d'insecte envahissante qu'on a observée pour la première fois en Amérique du Nord en juin 2002. Peu après cette découverte faite à Détroit (Michigan), des membres du personnel chargé de la surveillance de la santé des forêts du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO) et du Service canadien des forêts (SCF) ont établi que ce coléoptère était également présent à Windsor (Ontario). L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) en a immédiatement été informée. Les relevés effectués au Canada et aux États-Unis ont révélé que l'espèce était bien établie dans les régions de Détroit et de Windsor.

Emerald_ashArrivé en Amérique du Nord dans des matériaux d'emballage inadéquatement traités en provenance de l'Asie, l'insecte n'avait même pas de nom commun en anglais ou en français. Malgré d'importants efforts de recherche et de contrôle, l'espèce a continué de se propager dans de nouveaux secteurs. Une partie de cette propagation s'est faite par dispersion naturelle, mais les humains ont contribué à la propagation sur de longues distances, notamment par le transport de matériel de pépinière ou de bois de chauffage infesté en provenance des régions infestées.

L'agrile du frêne se rencontre maintenant dans la majeure partie du comté d'Essex et dans certains secteurs de Chatham-Kent, en Ontario. Au Michigan, l'espèce est concentrée dans la portion sud-est de l'État, mais elle s'est également propagée dans bon nombre d'endroits de la basse péninsule du Michigan et, vers le nord, jusqu'au pont de Mackinac. On a également repéré des foyers d'infestation localisés dans l'Ohio et le Maryland. Des chercheurs, des organes de réglementation et des forestiers urbains se sont engagés dans une course visant à freiner la propagation de l'insecte assez longtemps pour élaborer des mesures de lutte efficaces afin de sauver les frênes indigènes, qui constituent une essence de bois franc importante en Amérique du Nord.

La menace de l'agrile du frêne est capable d'attaquer et de tuer des arbres sains.

  • Toutes les espèces indigènes de frêne sont en péril.
  • Les frênes de toute taille, soit de 5 à 90 cm, sont vulnérables à l'infestation. On a même trouvé des larves dans des branches d'à peine 1,1 cm de diamètre.
  • Le frêne est une essence répandue au Canada et aux États-Unis, tant dans la nature qu'en milieu urbain, et le frêne vert est une des essences les plus souvent employées dans la plantation de forêts urbaines.
  • Il est très difficile de faire une détection précoce de l'agrile du frêne. Quand on trouve des arbres infestés, c'est souvent un an ou plus après que l'attaque est survenue. En outre, plusieurs autres facteurs qui influent sur la santé des frênes peuvent camoufler la présence de l'insecte.
  • D'après les estimations, l'agrile du frêne a tué plusieurs centaines de milliers de frênes dans le comté d'Essex, en Ontario, et de 8 à 10 millions de frênes dans le sud-est du Michigan. Ce sont des arbres ornementaux en milieu urbain, des arbres en milieu rural et des boisés de ferme qui sont touchés.

Comment reconnaître les insectes adultes

Adulte: Coléoptère vert-bleu métallique, étroit, allongé, glabre, mesurant 8,5 à 14,0 mm de longueur sur 3,1 à 3,4 mm de largeur. La tête est aplatie et le vertex est en forme de bouclier. Les yeux sont bronzés ou noirs et réniformes. Le prothorax est transversalement rectangulaire et légèrement plus large que la tête, mais aussi large que la base des élytres. Les élytres sont arrondis, obtus et finement dentelés sur les côtés dans leur portion apicale.

Larve: À maturité, les larves mesurent 26 à 32 mm de longueur et sont de couleur crème. Le corps est aplati et élargi. L'extrémité apicale de certains segments est campaniforme (en forme de cloche). L'abdomen compte 10 segments. Chacun des 8 premiers segments porte une paire de stigmates, et le dernier segment est pourvu d'une paire d'appendices brunâtres en forme de pince.

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Comment reconnaître les œufs

Les œufs sont jaune clair ou blanc crème et leur couleur tourne au jaune brunâtre avant l'éclosion. Mesurant environ 1 mm de long et 0,6 mm de diamètre, ils sont très difficiles à repérer sur un arbre.

Comment reconnaître les larves

La larve est de forme allongée, blanc crème, aplatie, et elle a la tête brune. À maturité, la larve fait de 26 à 32 mm de long et porte une paire de styles brunâtres à la pointe.

Comment reconnaître les pupes

Les pupes mesurent de 10 à 14 mm de long, elles sont aussi blanc crème et leur dernier segment abdominal s'incurve vers le haut. Les antennes vont jusqu'à la base des ailes.

Symptômes et dommages

Les frênes présentent un éventail de symptômes de maladie, dont un dépérissement généralisé de la couronne, des maladies des feuilles et le dessèchement. Il est essentiel d'évaluer de façon approfondie si les symptômes observés sur l'arbre sont causés par l'agrile du frêne ou par un autre facteur.

Ce qu'il faut surveiller :

Les galeries

Les galeries peu profondes, elles sont orientées à la verticale; elles zigzaguent sous l'écorce en des virages abrupts et sont remplies de sciure et d'excréments. La longueur totale d'une galerie peut atteindre 50 cm. Les galeries sont exposées de 1 à 2 ans après la mort de l'arbre, lorsque l'écorce tombe.

Fissures dans l'écorce

On observe souvent des fissures verticales dans l'écorce au-dessus des galeries larvaires; ces fissures mesurent généralement de 7 à 10 cm de long. Les fissures se remarquent davantage sur les arbres jeunes ou au tronc mince que sur les arbres plus vieux, à l'écorce épaisse, où il faut un examen minutieux pour distinguer les fissures dans l'écorce de l'expansion normale causée par une croissance vigoureuse. En enlevant l'écorce, on met au jour les galeries et les larves, s'il y en a.

Trous d'émergence 

Une fois parvenu à maturité, l'insecte adulte émerge par un trou d'émergence qu'il ronge dans l'écorce. Ces trous d'émergence en forme de D mesurent de 3,5 à 4,1 mm de diamètre. On peut trouver des trous d'émergence n'importe où sur le tronc de l'arbre, le contrefort, les racines exposées ou la couronne. On peut voir de la sciure dans le trou d'émergence ou sur l'écorce qui l'entoure, surtout en juin et en juillet.

Adultes non émergés

On trouve parfois un adulte mort dans le trou d'émergence dont l'insecte a été incapable d'émerger complètement. Souvent, la tête de ces insectes est absente et il n'en reste que l'exosquelette vide, ce qui laisse supposer que l'individu a été tué par un autre insecte.

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Les arbres gravement atteints peuvent présenter un dépérissement de la couronne à partir du sommet, dès la première année de l'infestation. Souvent, entre le tiers et la moitié des branches meurent au cours d'une année et tout l'arbre meurt l'année suivante. Le feuillage peut flétrir ou jaunir pendant la saison de croissance. La présence de branches nouvelles ou de gourmands est fréquente sur le tronc des arbres mourants et on observe souvent des drageons racinaires à la base des arbres morts ou autour de la souche des arbres abattus.

Pic bois 

Les pics bois arrivent très facilement à trouver des larves sous l'écorce. Une augmentation de l'activité alimentaire des pics dans les arbres ou les signes de leur recherche de nourriture sur l'écorce sont des indices de la présence possible de l'agrile du frêne.

L'activité de l'insecte :Les agriles adultes colonisent un arbre en pondant leurs œufs sur l'écorce et dans les crevasses de l'écorce du tronc et des branches. Puis les larves creusent des galeries sous l'écorce et se nourrissent du cambium, qui est une couche de cellules vivantes entre l'écorce et l'aubier.

  • Les galeries larvaires serpentent en épousant un tracé en forme de S. Éventuellement, le tronc est ceinturé d'une foule de galeries larvaires qui coupent le transport de nutriments et d'eau.
  • L'arbre commence alors à dépérir à partir de la cime : le feuillage s'étiole et la canopée semble clairsemée.
  • Les insectes adultes se nourrissent aussi de feuilles de frêne, mais les dommages qu'ils provoquent ainsi sont négligeables comparativement à ceux que causent les galeries larvaires.

Cycle Évolutif

  • L’agrile du frêne semble avoir un cycle évolutif annuel, mais des indices laissent supposer que certains individus prennent deux ans à atteindre leur maturité.
  • Les œufs sont pondus isolément dans les crevasses de l'écorce de la fin de mai à la fin de juillet et éclosent au bout d'une vingtaine de jours. Les larves passent par quatre stades larvaires en se nourrissant du phloème et de la couche extérieure de l'aubier, creusant l'aubier de plus en plus profondément à mesure qu'elles grossissent.
  • Les larves se nourrissent goulûment jusqu'à l'arrivée des températures fraîches d'octobre ou de novembre, puis elles passent l'hiver dans l'arbre.
  • La pupaison se produit de la fin avril à juin. Les adultes nouvellement formés demeurent dans leur loge nymphale de 8 à 15 jours, puis ils rongent l'écorce jusqu'à l'extérieur.
  • Les adultes commencent à émerger pendant la deuxième quinzaine de mai et le pic de l'émergence a lieu à la mi-juin. L'adulte vit environ un mois.
  • Les adultes préfèrent la face la plus ensoleillée et la plus chaude des arbres; on les voit souvent se reposer ou voler dans les portions ensoleillées de la couronne, et ils sont surtout actifs par temps clair et peu venteux.
  • L'accouplement a lieu de 7 à 10 jours après l'émergence; les femelles s'accouplent plusieurs fois. Chaque femelle pond en moyenne 70 œufs, mais des études réalisées en laboratoire indiquent qu'une femelle peut pondre jusqu'à 250 œufs.
  • Les insectes qu'on dérange feignent la mort et se laissent tomber par terre.
  • Les adultes sont de bons voiliers. On ignore à quelle distance ils volent dans la nature, mais les expériences réalisées en laboratoire indiquent qu'ils sont capables de parcourir 10 km ou même plus par la voie des airs

Essences hôtes

Tous les frênes indigènes d'Amérique du Nord semblent vulnérables aux attaques de l'agrile du frêne. D'après des renseignements non scientifiques, il semble que l'insecte préfère le frêne vert et le frêne rouge au frêne blanc, suivi du frêne bleu et du frêne noir d'Amérique ou d'Europe. Rien n'indique clairement que ces dernières essences soient résistantes à l'infestation. Même si l'insecte attaque d'abord les frênes verts et les frênes rouges, il semble capable d'attaquer et de tuer les autres essences de frêne.

Les arbres gravement atteints peuvent présenter un dépérissement de la couronne à partir de la cime dès la première année de l'infestation L'importance du frêne vient de ce qu'il pousse facilement dans les habitats perturbés, où il peut constituer une composante importante des boisés de ferme, des haies ou des brise-vent. Il pousse souvent le long des berges de ruisseau, où il offre un habitat et un abri tout en protégeant le sol et en stabilisant les berges. Les essences de frêne sont également importantes pour la faune à cause de leur production de graines, qui constitue une source alimentaire abondante. Sur le plan commercial, le bois de frêne sert à fabriquer des revêtements de sol, des meubles, des articles de sport, des paniers et autres objets autochtones, des manches d'outils et une foule d'autres produits nécessitant un bois dur et solide moins rigide que l'érable.

Votre contribution

  • Signalez les signes et symptômes d'infestation d'arbres à l'ACIA en composant le 1 800 442-2342 (sans frais) ou, par Internet, sous , ou communiquez avec le MRNO au 1 800 667-1940 (sans frais), ou encore avec le service des parcs ou des forêts de votre municipalité.
  • Pratiquez une gestion axée sur la santé des arbres et la salubrité des forêts. Favorisez la diversité des essences d'arbres.
  • Ne transportez pas de produits d'arbres infestés dans de nouveaux secteurs.
  • Achetez votre bois de chauffage localement, brûlez-le sur place et n'en laissez pas derrière vous.
  • Le programme de l'ACIA est centré sur le bord d'attaque de l'infestation et vise à freiner sa propagation. Les propriétaires fonciers du reste de la zone infestée doivent surveiller les signes d'infestation et veiller à ce que leurs arbres soient bien arrosés et bien fertilisés. Il faut abattre les arbres morts ou mourants à cause de l'agrile du frêne, puis les brûler ou les déchiqueter. En obtenant le permis nécessaire d'un inspecteur de l'ACIA, on peut traiter adéquatement des arbres d'une zone infestée pour en faire du bois d'œuvre.

Pour plus d'information, consultez le site de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments (ACIA) 

Ville de Beaconsfield -Résolution concernant les mesures d'exception à prendre durant la période d'application de l'arrêté ministériel quant aux lieux infestés par l'agrile du frêne et sa présence potentielle sur le territoire de Beaconsfield.

Communiqué de l'Agence canadienne d'inspection des aliments en date du 7 mai 2013 - Élargissement des zones réglementées à l'égard de l'agrile du frêne

Ville de Montréal - Les arbres montréalais

Ressources naturelles Canada

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